Terra Amata

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Tungurahua, le dragon d'Equateur

L’Equateur est un pays de la Cordillère des Andes qui compte pas moins d’une vingtaine de volcans actifs. Le Tungurahua, situé à 140 km au sud de la capitale Quito et culminant à plus de 5 000 mètres d’altitude, est l’un de ces volcans dont l’activité est la plus importante. Ces dernières semaines, cette activité était particulièrement soutenue avec la production d’un panache de cendres de quelques 4 000 mètres de hauteur !


Le volcan Tungurahua (Equateur)

 

Le Tungurahua est un strato-volcan. C'est-à-dire qu’on à affaire à un édifice volcanique important qui s'est constitué par l'accumulation, au fil des éruptions (en plusieurs centaines de milliers d'années au moins), de coulées de lave et de niveaux de cendres. Cette formation explique sa forme typiquement conique. Les strato-volcans sont de type explosif, à l’instar du Stromboli, de l’Etna (Italie), du Kilimandjaro (Tanzanie) ou encore du Merapi sur l’île de Java (Indonésie). Chaque éruption se traduit par la production d’un panache de cendres pouvant atteindre plusieurs kilomètres de hauteur comme on a pu le voir récemment. Autre caractéristique, ces émissions se font généralement sous la forme de « coup de canon » que les habitants locaux appellent les « cañonazos », qui font trembler les fenêtres dans villages des alentours. Ces explosions se produisent sous l’effet de la pression et du dégagement d’émissions gazeuses ou solides. Projetées à l’extérieur de la caldeira, ces émissions sont appelées « pyroclastiques ».

 

Tungurahua signifie « gorge de feu » en quechua, la langue indigène. La couleur sombre de ses laves et son profil imposant lui valent également le surnom de « géant noir » ou « colosse ». L’activité éruptive est cyclique à raison d’une phase par siècle environ. Les dernières phases connues datent de 1773, 1886 et 1916-1918. L’actuelle phase d’activité à débuté en octobre 1999 où elle avait provoqué l’évacuation de 25 000 personnes dans la région de la ville thermale de Baños. Autre paroxysme en été 2006, encore plus violent, accompagné d'un panache de cendres de 10 km de haut étalé sur près de 740 km de long et 180 km de large. Cette phase fut accompagnée par l'émission de nuées ardentes qui ont causé la mort de 5 personnes et la destruction de plusieurs hameaux et de routes sur les flancs ouest et nord-ouest du volcan.

 

L’activité de ces dernières semaines (cf. vidéo qui suit) s’est soldée par de nouveaux écoulements pyroclastiques projetés jusqu’à 1 000 mètres de distance. Fort heureusement, la ville de Baños, la plus exposée aux retombées, n’a pas eu à procéder à une évacuation. Toutefois, les « cañonazos » assez forts provoquent des vibrations aux fenêtres et au sol et les habitants dispersés des basses pentes de l’édifice doivent trouver refuge par précaution dans les villages alentour la nuit. L’activité a un peu diminué depuis la semaine dernière. Prudence toutefois ! Les volcanologues actuellement en observation envisagent la possible remobilisation de dépôts accumulés dans le cratère (cendres et blocs) et probablement les dépôts mis en place sur les hautes pentes et dont des morceaux peuvent se détacher et produire d'importantes avalanches de blocs. A suivre…

 

 

Blaise Berrut.



08/12/2011
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